4月22日
Il y a des ambiances musicales contrastées,
Des parfums aux couleurs mélangées,
Qui circulent le longs des pavés dorés
Et finissent sur des parvis enchantés.
Un mouvement ascendant passe dans mes veines,
Air de liberté empreinte de douleurs passées
Où se ressentent les affres des âmes chavirées
Par des années aux contours torturées.
Les marionnettes parlent aux vitraux :
Violons et pianos en duos impériaux
Sur les ponts bercés par les tramways
S'effilochant en arabesques "by the way".
Rainer Maria Rilke souriait de voir
Les lumières du Château de Kafka
Traverser la fenêtre ultime :
Funambule
D'un autre âge…en devenir…
D'un geste, le passé vint s'asseoir
Près de nous, dans le cercle d'une étoile
Enveloppant les stèles d'histoire
En une fusion des hiers et demains
Pour qu'enfin, rayonne le monde.
Un fil d'Ariane se tisse dans le dédale
Emprunté par les pas hésitant d'une vie
Se déliant dans les mots bleus d'infinis…
Traces d'union dans l'univers…intervalles…
Galaad le 21 avril 2008
Photo de Galaad
Détail d'un vitrail de la cathédrale Saint Guy à Prague
4月3日
Je pars quelques temps, en d'autres temps aux réels d'ailleurs...
Je reviendrai empli de souvenirs et d'heures à compter...
...Ce lieu est aussi le vôtre...
Galaadevrai vôtre
Les Mains
La nuit de printemps
La Nuit chantait doucement ; le bruit de la première verdure et les eaux de printemps
accompagnaient sa chanson mélancolique ;
Là-haut les étoiles, immenses calices de lumière,
Respiraient le lourd parfum des végétations supraterrestres.
Et les mains de mes frères, croisées sur leur poitrine comme les mains des morts,
Gisaient inertes, déçues, lourdes comme des pierres,
Brisées par le travail.
Mais leurs mains spirituelles étaient tendues vers les étoiles,
Étreignant des millions d'âmes sur la terre et dans tous les mondes,
Et un long soupir des réveils joyeux,
Un bouillonnement solennel de la ville éternelle.
Un bruit d'ailes spirituelles, un jeu de vents dans les blés mystiques,
Des airs d'orchestres invisibles
S'élevèrent à la mesure de leur geste mystérieux.
|
Jarní noc
Noc tiše zpívala, šum prvních zelení a jarních vod byl její melancholické písně doprovod ; ve výši hvězdy, světelné kalichy nesmírné, dýchaly těžkou vůni nadzemských vegetací ; a ruce bratří mých, jak při smrti na prsou zkřížené, ležely tiché a zklamané a jako kámen ztížené, zlomeny prací.
Však jejich ruce duchové k hvězdám se rozepjaly, miliony duší na zemi a ve všech světech objaly a dlouhý oddech radostných procitnutí, sváteční vření věčného města, duchových křídel šumění, hra větrů v mystickém osení, orchestrů neviditelných zapění zdvihlo se v taktu jejich tajuplného gesta.
Otakar Březina - Poète Tchèque (1868-1929)
|
|